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Chez la mésange charbonnière, le chanteur virtuose porte la cravate

La mésange charbonnière se caractérise par sa calotte noire, ses joues blanches, son dos verdâtre et sa "cravate" sur sa poitrine jaune. Cette bande est moins large chez la femelle. Heinz Richner, UniBE sda-ats
Ce contenu a été publié le 28 octobre 2016 - 14:15
(Keystone-ATS)

Les meilleurs chanteurs parmi les mésanges charbonnières mâles ont une plus large "cravate" de plumes noires sur la poitrine que leurs congénères moins doués, ont constaté des chercheurs bernois. Ils ont aussi davantage de succès auprès des dames.

En période de nidification, les mâles marquent leur territoire et tentent d'attirer des partenaires potentielles avec leur chant. La mésange charbonnière "zinzinule" infatigablement, en général sur deux notes et selon un rythme bien marqué. Chaque oiseau possède jusqu'à six variantes au tempo différent.

Or il semble que la précision des intervalles entre les notes constitue un critère de qualité, rapporte l'équipe du Pr Heinz Richner, de l'Université de Berne dans la revue américaine PNAS. Les meilleurs chanteurs sont aussi ceux qui ont le plus de succès auprès des femelles et qui sont en meilleure santé.

Autre constat: les mâles les plus précis dans leur chant ont une ligne de plumes noires plus large sur leur poitrine jaune. De précédentes études avaient déjà montré que la largeur de cette cravate est liée chez ce passereau à l'attractivité, au statut social, au succès reproductif et à la résistance contre les parasites.

Désormais, notent les scientifiques bernois, on sait que les femelles et les mâles concurrents peuvent évaluer le statut social d'un chanteur non seulement à sa cravate mais aussi à sa virtuosité, à distance et sans contact visuel.

Evolution de la musique

Pour ces travaux, les chercheurs ont joué à des mésanges charbonnières mâles différents chants générés par ordinateur. Ils ont ensuite enregistré et évalué leurs réponses, tout en les photographiant et en mesurant leur "cravate".

Il s'agit de la première étude mettant en évidence chez une espèce animale un lien entre des caractères phénotypiques - observables - de certains individus, et la précision des intervalles chantés, écrit l'Université de Berne dans un communiqué.

Ces travaux apportent une pierre à la compréhension de l'évolution de la communication acoustique chez les animaux et, potentiellement, de la musique en général. Bach, Beethoven et Messiaen, notamment, se sont inspirés des chants des oiseaux, note encore l'alma mater.

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