Rigoletto de Verdi dans les arènes d’Avenches
Pour le centenaire de Giuseppe Verdi, la 7e édition du Festival d'Avenches présente l'opéra du compositeur italien, Rigoletto. Le chef-d'oeuvre de Verdi se joue dans des décors spécialement conçus pour les arènes d'Avenches.
«Contrairement aux deux dernières années où nous avions loué les décors, explique le directeur du Festival Sergio Fontana, nous avons monté notre propre production, cette année. Mieux, grâce à elle, l’opéra d’Avenches s’exportera, pour la première fois, en 2002 en Sicile, au Festival de Macerata.»
Construit sur une immense scène de 34 mètres, le palais du Duc est grandiose. Au gré des différents actes, l’édifice s’ouvre, grâce aux diverses salles qui tournent sur elles-mêmes.
C’est Alfredo Corno qui a signé les décors. Celui-là même qui avait déjà travaillé, voici trois ans, pour le Festival d’Avenches dans l’opéra «Le Barbier de Séville» de Rossini.
Comme Venise, Montova est une ville construite sur l’eau, d’où sortent, ici et là, des palais flottants. C’est dans ce décor que Rigoletto entre en scène sur un petit bateau.
Une ambiance glaciale et lunaire émane du palais du Duc. Grâce aux éclairages bleutés, l’élément liquide est omniprésent. Miroir des âmes, l’eau baigne tout l’opéra de sa symbolique maternelle.
Cela dit, Patricia Panton est restée plutôt classique dans sa mise en scène. Laquelle respecte parfaitement la volonté du compositeur et le site des arènes romaines d’Avenches.
«Il y a évidemment bien davantage de figurants (une soixantaine) que dans un théâtre fermé, précise Sergio Fontana. Auxquels il faut ajouter le chœur d’hommes (une quarantaine). Il faut que Rigoletto soit une grande fête pour les yeux et les oreilles!»
L’argument: Gilda tombe amoureuse du Duc de Mantoue. Mais ce dernier est terriblement volage. Et surtout, son bouffon à la cour, Rigoletto, n’est autre que le père de Gilda. Profondément offensé, Rigoletto va tenter de venger sa fille adorée.
L’opéra Rigoletto a été créé, en 1851, au théâtre La Fenice de Venise. Le livret a été écrit par Francesco Maria Piave. En fait, c’est une adaptation italienne d’un drame qui se déroule à la cour de France, sous François Ier. Il s’intitule «le Roi s’amuse» et il est signé de la plume de Victor Hugo.
Mais au contraire des opéras précoces de Verdi – Nabucco ou Attila -, l’œuvre de Rigoletto n’est plus focalisée sur l’action dramatique, mais s’attache aux motivations et aux évolutions psychologiques des personnages en jeu.
Quant à l’interprétation vocale, elle promet beaucoup, selon Sergio Fontana. Dans le rôle de Rigoletto, «Alain Fondary est considéré comme l’un des meilleurs barytons au monde. Alors que Patrizia Ciofi vient de recueillir un succès retentissant à Parme, dans le même rôle de Gilda».
Reste que, pour Sergio Fontana, «le bel canto a une patrie, c’est l’Italie». Or, dans ce sens-là, le public d’Avenches aura la joie de savourer une belle brochette de solistes italiens. A l’image de Stefano Secco, dans le rôle du Duc de Mantoue.
Emmanuel Manzi
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