Libération d’un des deux hommes soupçonnés de liens avec Al-Qaïda
(Keystone-ATS) Paris – Un des deux Français interpellés jeudi dans le centre est de la France pour des liens présumés avec l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a été remis en liberté samedi en fin de journée sans charge retenue contre lui. Son frère, ingénieur au CERN, était lui toujours en garde à vue.
Cet ingénieur au Centre européen de recherche nucléaire (CERN) à Genève, âgé de 32 ans, pourrait être déféré avant lundi au parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste.
Le frère cadet, âgé de 25 ans, a été remis en liberté samedi en fin de journée après plus de 48 heures de garde à vue. Aucune charge n’a été retenue contre lui, selon une source judiciaire.
Les deux frères avaient été interpellés à leur domicile jeudi matin à Vienne, dans le département de l’Isère (centre-est de la France), puis transférés en région parisienne.
L’aîné des deux frères avait manifesté l’envie de commettre au moins un attentat, il en était au stade «de souhait, d’envie», mais ne semble «pas avoir commis d’actes matériels de préparation», selon des sources proches du dossier. Il aurait également été en relation par internet avec des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Le juge antiterroriste, Christophe Teissier, a lui confié à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) une commission rogatoire «pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».
Al-Qaïda au Maghreb islamique a succédé en 2007 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien. Ce groupe, qui a prêté allégeance à la mouvance Al-Qaïda, est particulièrement actif dans les pays du Maghreb, en Mauritanie et au Mali.
C’est dans le cadre d’une autre enquête, qui visait une filière présumée de djihadistes vers l’Afghanistan, que des échanges par internet entre le frère aîné et un membre de l’AQMI avaient été repérés, selon une source judiciaire.
Les enquêteurs avaient déjà «ciblé» l’aîné des frères et seraient en possession de plusieurs de ses textes, grâce à la «veille internet».
Vendredi, le CERN a publié un communiqué pour préciser que l’aîné des frères n’avait «jamais été en contact avec quelque élément qui pourrait être utilisé à des fins terroristes».
«Il s’agit d’un physicien qui travaillait sur des projets d’analyse de données de physique au CERN depuis 2003 (…), dans le cadre d’un contrat avec un institut extérieur» et «aucune (de ses) recherches n’a d’application militaire potentielle», selon le CERN.