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Yannick Buttet démissionne du Conseil national

Yannick Buttet a décidé de quitter le Conseil national dans l'intérêt de sa famille et de son parti (archives). Keystone/PETER SCHNEIDER sda-ats

(Keystone-ATS) Yannick Buttet démissionne du Conseil national. Le Valaisan, secoué par les déclarations de harcèlement sexuel parues récemment dans la presse, explique qu’il a pris cette décision dans l’intérêt de sa famille et de son parti.

M. Buttet a fait le choix de démissionner indépendamment de la procédure pénale en cours, dont l’issue est toujours pendante, assure-t-il dans un communiqué envoyé dimanche soir par son avocat Andreas Meili. Il motive sa décision par le désir de protéger sa famille et son environnement personnel ainsi que de créer la paix et le calme nécessaires à son processus de guérison.

«Dans le public, on a dessiné une image de moi dans laquelle je ne me reconnais pas et dont je me distancie aussi», poursuit M. Buttet, dont la démission prend effet immédiatement. «En même temps, il me tient à coeur de ne pas alourdir inutilement mon parti cantonal et fédéral et de remercier tous ceux qui m’ont soutenu pour représenter les intérêts du canton du Valais à Berne.»

A la demande de son parti, écrit-il, M. Buttet reprendra toutefois son poste de président de la commune de Collombey-Muraz (VS) quand sa santé sera rétablie. Il s’agit de la seule fonction élective qu’il conservera. Le Valaisan a ajouté qu’il ne répondra pas aux questions des médias avant son rétablissement complet. Il suit en ce moment un traitement médical pour maîtriser sa consommation d’alcool.

Quel remplaçant?

Contacté par l’ats, le président du PDC du Valais romand Serge Métrailler précise que la section du PDC de Collombey-Muraz souhaitait le maintien de M. Buttet à la tête de la commune. «Ce sera aussi à elle d’évaluer sa capacité à reprendre ce poste et de décider de son retour à la présidence», poursuit-il. Et de noter que «M. Buttet est très apprécié politiquement dans sa région».

C’est désormais aux viennent-ensuite de décider s’ils veulent ou non remplacer M. Buttet au Conseil national. Le premier à avoir cette possibilité est l’enseignant Benjamin Roduit, avant Patrice Clivaz, directeur de la HEP-VS et ancien président du Grand Conseil, rappelle M. Métrailler. Selon lui, il s’agit d’un choix «lourd de conséquences», qui ne devrait tomber qu’après les fêtes.

De son côté, le PDC suisse prend note dans un communiqué que Yannick Buttet a décidé de prendre congé du Parlement pour protéger sa famille et pour le bien de son parti. Il remercie le Valaisan pour le travail accompli et pour son engagement à la vice-présidence du PDC, lui souhaitant à lui et à sa famille le meilleur pour la suite.

Un procédure pénale

Plus tôt dans la journée, on apprenait que M. Buttet faisait désormais l’objet d’une procédure pénale pour contrainte, après la plainte pour infractions contre l’honneur et la liberté sexuelle déposée par son ex-maîtresse. Une information confirmée par la justice valaisanne. Selon le Code pénal, cette infraction est passible d’une amende ou d’une peine de prison de trois ans maximum.

Cette procédure fait suite à l’interpellation de M. Buttet dans la nuit du 18 au 19 novembre devant l’immeuble de son ex-maîtresse alors qu’il sonnait avec insistance à la porte d’entrée. Avant cela et à la suite de leur rupture, il l’aurait harcelée, la contactant jusqu’à 50 fois par jour par courriel, téléphone ou texto.

La révélation de cette affaire a libéré la parole de plusieurs parlementaires fédérales et journalistes. Samedi encore dans les médias, une demi-douzaine d’entre elles témoignaient anonymement, livrant des détails scabreux de son comportement, en particulier lors de soirées où le politicien apparaissait sous l’influence de l’alcool.

Démissions en cascade

M. Buttet connaît ce problème d’alcool depuis plusieurs années et a décidé de se faire soigner, selon les dires de son avocat. Avant de quitter le Conseil national, il avait démissionné de plusieurs de ses fonctions, dont celles de vice-président du PDC suisse et de membre de la Société suisse des officiers. Lieutenant-colonel EMG, il a en outre été suspendu du commandement de son bataillon.

L’élu PDC s’était déjà retiré temporairement de son mandat à la Chambre du peuple il y a deux semaines, de même que de la présidence de sa commune de Collombey-Muraz (VS). Pour fonder sa décision, il avait alors dit vouloir suivre un traitement médical pour maîtriser sa consommation d’alcool avant tout retour à la politique.

Depuis l’éclatement de l’affaire Buttet, plusieurs élues ont plaidé pour la création d’une cellule de soutien. Ce qui a abouti: les parlementaires fédéraux victimes de harcèlement sexuel pourront s’adresser dès 2018 à une structure indépendante spécialisée. Une décision prise par la Délégation administrative de l’Assemblée fédérale lors d’une séance avec les présidents des groupes.

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